À dix minutes de Ribes - une dizaine de kilomètres exactement - sur la commune de Lablachère, une bâtisse de pierre abrite l’une des associations qui ont fait connaître l’agroécologie au grand public : Terre & Humanisme. Le Mas de Beaulieu n’est pas un site agricole comme les autres : c’est à la fois un siège associatif, un jardin d’expérimentation, une école et un point de ralliement pour quiconque cherche à mettre les mains dans la terre autrement.
L’association a été lancée au milieu des années 1990 dans le sillage de Pierre Rabhi, qui en restera le président d’honneur jusqu’à sa disparition. L’idée fondatrice tient en une ligne : prendre soin du sol, des semences, de l’eau et des humains qui en vivent - et le faire ensemble. Trente ans plus tard, la bâtisse de Lablachère reste le pivot d’un réseau qui essaime largement au-delà de l’Ardèche.
Le Mas de Beaulieu, un terrain d’apprentissage
L’association acquiert le Mas en 1998, à quelques années de sa création. Le terrain - un peu plus d’un hectare au pied des collines cévenoles - accueille depuis lors les jardins pédagogiques : potagers de production, planches d’expérimentation, espaces consacrés à la multiplication des semences, engrais verts, buttes de culture. Tout y est volontairement à hauteur d’humain : un endroit où l’on peut regarder comment ça pousse, plutôt que lire un manuel.
La bâtisse, elle, regroupe les bureaux de l’équipe permanente, une boutique, des salles de formation. Vingt salariés y travaillent à plein temps, épaulés par un conseil d’administration et une présidence assurée depuis 2013 par Françoise Vernet. Le tout est étiqueté Don en confiance depuis 2016, label qui certifie la transparence financière de l’association - une garantie utile dès lors qu’on parle d’un budget à plusieurs centaines de milliers d’euros par an, alimenté en partie par les produits solidaires du Crédit Coopératif.
L’agroécologie, plus qu’une technique
Pour Terre & Humanisme, l’agroécologie n’est pas une étiquette sur un sac de compost. C’est une manière de penser le lien entre la terre, le vivant et les sociétés humaines, organisée autour de trois piliers et d’une douzaine de principes que l’association s’attache à transmettre. Sur le terrain, ça se traduit par une boîte à outils précise - qu’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des fermes agroécologiques que vous croiserez dans la région.
Compost & sols vivants
On nourrit le sol avant de nourrir la plante. Compost, paillage, couverts végétaux : le sol redevient un organisme à part entière, pas un support inerte.
Rotations & associations
Les cultures se succèdent et se fréquentent au lieu de s’épuiser sur la même planche. Les voisinages bien choisis remplacent une partie des traitements.
L’eau économisée
Demi-lunes, mulch, arrosage minutieux : chaque litre compte, surtout sur un sud-Ardèche qui sèche vite l’été.
Agroforesterie
Arbres et cultures cohabitent sur la même parcelle. Le bois protège, ombrage, retient l’eau et redonne au paysage une épaisseur que la monoculture lui avait retirée.
Apprendre, transmettre, essaimer
Le cœur de l’activité, c’est la transmission. Pas le grand colloque savant : le format atelier, le compagnonnage long, le retour d’expérience. Plusieurs portes d’entrée, selon le temps qu’on a et l’engagement qu’on cherche.
Animateurs en agroécologie
Une formation longue d’un an forme chaque promotion une quinzaine d’animateurs et animatrices. À ce jour, plus de 175 animateurs ont été formés à Lablachère et essaiment partout en France et au-delà.
Cycle long
Stages thématiques
Plus de trente sessions courtes par an, sur sept lieux partenaires en France en plus de Lablachère. Compost, plantes médicinales, semences, planification du potager - chaque thème a son week-end ou sa semaine.
Format court
Bénévolat aux jardins
Quelques jours, quelques semaines : l’association accueille en immersion celles et ceux qui veulent apprendre en faisant. Plus de 2 000 bénévoles sont passés par les buttes du Mas depuis le milieu des années 2000.
Immersion
Une portée internationale
Si l’on creuse au-delà de l’Ardèche, on retrouve Terre & Humanisme dans plusieurs régions où la pression sur les sols et la désertification ne laissent pas le luxe d’attendre. Bénin, Burkina Faso, Togo sont les terrains historiques de coopération avec des paysans et paysannes locaux. L’idée n’est jamais d’exporter une recette française toute faite : on accompagne, on échange, on adapte aux pluies, aux sols et aux cultures du lieu.
Côté pourtour méditerranéen, l’association coordonne le programme AMED, qui met en réseau des praticiens d’agroécologie autour de la Méditerranée. Le travail a valu à l’association une reconnaissance précoce : en 2015, elle reçoit le grand prix de la finance solidaire dans la catégorie « activité écologique », distinction décernée par Le Monde et Finansol pour récompenser l’impact concret de cet écosystème de projets.
« Cultivons l’agroécologie. »
- Devise de Terre & Humanisme, Lablachère.
Aller voir sur place
Les jardins du Mas se visitent. Le plus simple : pousser le portail un jour de la semaine, suivre le parcours pédagogique balisé par une quinzaine de panneaux et se servir des explications affichées pour comprendre ce qu’on a sous les yeux. La visite libre est gratuite. Pour aller plus loin, des visites guidées sont organisées (5 €, gratuites pour les adhérents et les enfants), et des journées de groupe se réservent à l’avance.
- Visite libre : tous les jours, parcours autonome de 15 panneaux.
- Visite guidée : 5 € adultes, gratuite pour adhérents & enfants.
- Groupes : sur réservation, de 1 à 3 heures.
Animaux non admis dans les jardins. Pensez à consulter le site de l’association avant de venir : la programmation évolue au fil des saisons.
Terre & Humanisme
Mas de Beaulieu
📍 471 Chemin du Mas de Beaulieu
07230 Lablachère, Ardèche
📞 04 75 36 63 66
🌐 terre-humanisme.org
🏷 Association loi 1901 · Don en confiance
🌿 Agroécologie & permaculture
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